Tout l’écosystème entrepreneurial français souligne l’importance des Business Angels.

Problème : personne n’est capable de dire qui sont vraiment les Business Angels français, ni comment les trouver.

Incubateurs, accélérateurs, fonds d’investissement, BPI, leveurs de fonds… Tous s’accordent pour dire que les Business Angels sont des acteurs clé du financement des startups en France, qu’ils investissent là où personne d’autre n’investit, qu’ils fonctionne plus au "coup de cœur" que d'autres acteurs, qu'ils sont nécessaires en France et qu'ils apportent beaucoup aux startups sur lesquelles ils jettent leur dévolu.

Pourtant, personne n’est capable de dire clairement à un entrepreneur qui sont vraiment ces Business Angels, et comment les trouver.

Non par omission, mais tout simplement parce que le monde des Business Angels est impénétrable pour qui n’en fait pas son métier !

Rappel : un Business Angel, qu’est-ce que c’est?

En français, on pourrait traduire « Business Angel » par « Investisseur providentiel ». Le sens du mot, presque mystique, est important, car il explique à lui seul la spécificité du Business Angel : il apporte bien plus que de l’argent. Un Business Angel, par définition, doit pouvoir influer sur le destin de la startup grâce aux compétences qu’il apporte, aux conseils qu’il prodigue, et au carnet d’adresses auquel il donne accès.

Par ailleurs, Business Angel rime, dans un certain sens, avec irrationalité : s’il investit dans une startup, contrairement aux investisseurs financiers traditionnels, c’est avant tout parce qu’il croit en l’équipe fondatrice et au marché qu’elle vise, plutôt qu’en un Business Plan. Souvent, l’investissement du Business Angel est une question de feeling. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est (très souvent) le seul acteur à investir en amorçage, c’est-à-dire à un stade de maturité où il ne fait même pas sens de se pencher sur l’analyse financière de la société tellement elle en est à ses balbutiements.

En résumé, n’est Business Angel que celui ou celle qui :

investit son argent personnel
investit du « smart money », c’est-à-dire qu’on apporte à la startup des compétences extra financières : son expertise sectorielle, son réseau, son expérience managériale ou entrepreneuriale…
a des critères de sélection extra-financiers

Attention ! ll y a Business Angel et Business Angel…

Depuis son apparition en France au début des années 2000, le terme « Business Angel » a très vite été monopolisé.
D’un côté par France Angels, qui réunit des dizaines de réseaux locaux de petits investisseurs, et de l’autre par le trio d’entrepreneurs à succès Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon et Marc Simoncini, omniprésent dans les médias quand il s’agit d’investissement dans des startups.

Or, ni les uns ni les autres ne représentent vraiment les Business Angels français.

Les associations membres de France Angels, même si elles ont le mérite d’exister et qu’elles ont participé à l’émergence du phénomène des Business Angels en France, ont laissé penser que quiconque investit 5–10k€ dans une startup pouvait se définir comme Business Angel. Les réseaux de France Angels ne sont plus adaptés aux attentes des entrepreneurs d’aujourd’hui : tickets d’investissement trop faibles (autour de 10k€/personne en moyenne —  ce qui peut poser problème par la suite), processus de sélection trop longs et fastidieux, profils pas assez qualifiés…

Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon et Marc Simoncini sont des exemples inspirants de réussites entrepreneuriales, qui font rêver les jeunes entrepreneurs. Mais ils ne sont pas représentatifs des Business Angels français pour autant.
Leur visibilité médiatique, même si elle participe grandement à l’essor du phénomène Business Angels en France, laisse très peu de place pour d’autres profils de Business Angels français, aux caractéristiques plus représentatives : ticket d’investissement plus faible (autour de 50k€ en moyenne, contre plusieurs centaines de milliers d’euros pour le trio), rythme d’investissement moins soutenu (autour de 3–4 nouveaux investissements/an, contre 1–2/semaine pour Xavier Niel via son fonds, Kima Ventures !), implication plus forte dans les startups de leur portefeuille…

Alors qui sont les Business Angels ?

De facto, au vu des caractéristiques décrites ci-dessus, les Business Angels sont en grande majorité des entrepreneurs qui souhaitent participer à de nouvelles aventures entrepreneuriales. Le fait qu’ils soient passés eux-mêmes par toutes les étapes de la création et du développement d’une entreprise leur donne une valeur extraordinaire pour les entrepreneurs qu’ils financent.
Des consultants et banquiers de haut niveau, ou des dirigeants de grands groupes, peuvent revendiquer le statut de Business Angel. Bien que l’expérience entrepreneuriale soit irremplaçable, ces profils peuvent également apporter beaucoup de valeur aux startups.

Ils parient sur des équipes qu’ils trouvent talentueuses et sympathiques, qui évoluent sur des marchés qu’ils comprennent, et qui sauront écouter et respecter leurs avis.

Ils sont conscients du niveau de risque de leurs investissements. Leur motivation financière n’intervient que dans un second temps : en effet, s’ils voulaient seulement faire fructifier leur argent, ils le placeraient ailleurs (immobilier, banque privée, bourse…).

Ainsi, voilà quelques signes qui vous permettront de repérer les bons Business Angels :

Ils sont forts : un bon Business Angel doit vous impressionner dès le premier rendez-vous, et vous faire des remarques pertinentes. Vous devez sentir instantanément que votre startup sera plus forte avec lui que sans lui. Ils sont réactifs : votre temps est précieux, le leur aussi. S’ils sont intéressés, ils vous le font savoir rapidement. Ils sont bienveillants : ils savent qu’un entrepreneur doit se concentrer sur la gestion quotidienne de sa société. Ils ne veulent donc pas lui rajouter un obstacle, et ne doivent donc pas pinailler sur des détails. Si un Business Angel vous donne trop de fil à retordre dans vos négociations au sujet de la levée de fonds, c’est qu’il y a un problème. Ils investissent des tickets significatifs : en dessous de 50k€, il est peu probable que le Business Angel s’implique réellement. Il peut arriver que des Business Angels très compétents, et expérimentés, investissent des plus petits tickets (entre 20 et 50k€). Mais dans ces cas-là, ils ne seront pas leaders du tour de table, mais suiveurs. Et par conséquent, ce ne seront pas ceux dont vous devrez attendre la plus grande implication par la suite. Ils sont de bons conseils, même si finalement ils n’investissent pas dans la startup

Où trouver ces bons Business Angels ?

Par définition, et sauf rares exceptions, les Business Angels n’ont pas pignon sur rue. Ce qui les rend difficile à identifier.

La communauté AngelSquare réunit plus de 500 Business Angels francophones qualifiés, qui partagent les caractéristiques suivantes :

« Smart money »
Ticket moyen 60k€
Cooptation à l’entrée
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